L’audit est le premier livrable de presque toute mission de référencement, et le plus inégal. Sous le même mot cohabitent des documents de trois pages qui changent la trajectoire d’un site, et des rapports de cent pages générés par un outil que personne ne lira.
La différence ne tient pas au volume. Elle tient à une question : le document dit-il quoi faire, dans quel ordre, et pourquoi ?
À retenir
Un audit exploitable tient en quelques pages, priorise les corrections par impact, et distingue ce qui relève du développeur de ce qui relève du référenceur. Un rapport exhaustif sans hiérarchie n’est pas un audit : c’est un export d’outil, et il ne vaut pas ce qu’il coûte.
Les quatre volets d’un audit complet
La technique. Vitesse, indexation, structure des URL, redirections, balisage en données structurées, accessibilité du contenu au robot. C’est le volet le plus facile à automatiser, et donc celui que les rapports faibles gonflent.
Le contenu. Quelles pages existent, sur quelles intentions, lesquelles se cannibalisent, lesquelles manquent. Ce volet demande un travail humain que peu d’outils remplacent, et c’est souvent celui qui produit le plus de valeur.
La popularité. L’état du profil de liens : qui pointe vers vous, avec quelles ancres, et surtout s’il contient des liens dont il faudrait se séparer. Un site avec un passé de référencement agressif porte un risque que l’audit doit nommer.
La concurrence. Qui occupe les positions que vous visez, avec quel type de contenu, et ce qui vous en sépare concrètement. Sans ce volet, un audit décrit votre site sans dire s’il peut gagner.
Un audit qui ne couvre que le premier volet est un audit technique. C’est utile, mais il faut le savoir avant de payer.
Quelques signes ne trompent pas.
Il fait quatre-vingts pages et commence par la liste de toutes les images sans attribut alt. L’exhaustivité sans hiérarchie est le marqueur du rapport automatisé.
Il ne contient aucune priorité. Un audit utile classe : à corriger tout de suite, ensuite, jamais. Sans cette hiérarchie, vous héritez d’une liste de tâches que personne ne traitera.
Il ne distingue pas les responsabilités. Certaines corrections relèvent d’un développeur, d’autres du référenceur, d’autres de vous. Un audit qui mélange tout produit une réunion où chacun renvoie la balle.
Il ne parle pas de votre offre. Un audit qui pourrait s’appliquer à n’importe quel site du même secteur n’a pas regardé le vôtre. Sur un site marchand, il doit tenir compte de ce que votre plateforme vous laisse modifier : sans cela, il recommande des corrections que vous n’avez pas la main pour appliquer.
Il conclut invariablement qu’il faut souscrire un accompagnement mensuel. Un audit honnête peut conclure que trois corrections suffisent et qu’il n’y a pas besoin de prestation récurrente.
Ce qu’un bon audit produit
Trois choses, et elles se reconnaissent immédiatement.
Une liste de corrections priorisées par impact estimé. Une dizaine de points, pas cent. Avec pour chacun : ce qu’il faut faire, qui le fait, et ce qu’on en attend.
Un plan de contenu. Quelles pages créer, sur quelles intentions, dans quel ordre. C’est le volet qui produit le plus dans la durée et celui que les audits techniques omettent.
Un diagnostic honnête sur la faisabilité. Si votre marché est hors d’atteinte avec les moyens envisagés, un bon audit le dit. C’est une information qui vaut son prix, même si elle déplaît.
Combien de temps, et à quel moment
Un audit sérieux demande plusieurs jours de travail, davantage sur un site volumineux ou après une migration. Une première lecture donne les grandes lignes assez vite, et ce qu’un consultant ouvre en premier varie peu d’un site à l’autre ; ce qui prend du temps, c’est de vérifier, de croiser et de hiérarchiser. Un audit livré en vingt-quatre heures est un export d’outil.
Le bon moment est avant tout engagement long. Il sert de test du prestataire autant que de diagnostic du site : vous jugez la qualité de l’analyse, la clarté de la restitution et la façon dont les questions sont traitées.
Il est également indispensable après une refonte, après une chute de trafic inexpliquée, ou avant une migration. Dans ce dernier cas, le faire avant la bascule évite des pertes que personne ne saura ensuite reconstituer.
Faut-il payer un audit
Beaucoup de prestataires en proposent un gratuitement en avant-vente. C’est légitime, mais il faut savoir ce que c’est : un document commercial, généralement automatisé, dont l’objet est de créer un besoin.
Un audit payant se justifie s’il produit un livrable détaillé qui vous reste, exploitable même si vous travaillez ensuite avec quelqu’un d’autre. Faites-le préciser au devis : la propriété du document et le droit de le transmettre à un tiers.
Un repère utile : si le prestataire refuse que vous montriez son audit à un autre prestataire, c’est qu’il ne compte pas sur sa qualité pour vous garder.
Après l’audit
C’est là que la plupart des audits meurent. Le document est reçu, lu, approuvé, puis rien.
Trois précautions l’évitent.
Faites planifier les corrections dès la restitution, avec des responsables nommés et des échéances. Un audit sans plan d’exécution est un rapport.
Séparez ce qui vous coûte du temps de développeur du reste. Sur un site WordPress, une partie de la liste se règle dans les réglages du CMS lui-même, sans intervention sur le code. Ces points demandent un arbitrage budgétaire qui doit être posé tout de suite, pas découvert trois mois plus tard.
Prévoyez un point de contrôle à trois mois pour vérifier ce qui a été traité. Sans ce rendez-vous, la liste s’enterre.
Questions fréquentes
Un audit gratuit vaut-il quelque chose ? Il vaut ce qu’il est : un document commercial. Il peut signaler des problèmes réels, mais il ne remplace pas une analyse.
Faut-il refaire un audit régulièrement ? Pas tous les ans. Après une refonte, une migration ou une chute inexpliquée, oui. Le reste du temps, un suivi régulier suffit.
Qui doit corriger ce que l’audit remonte ? Cela dépend des points. La partie technique relève souvent du développeur, le contenu du spécialiste SEO ou d’un rédacteur. L’audit doit le préciser explicitement.
Peut-on auditer un site en cours de construction ? Oui, et c’est souvent le meilleur moment. Corriger une structure avant la mise en ligne coûte infiniment moins cher qu’après.
Pour aller plus loin
Les critères pour choisir le prestataire qui réalisera l’audit sont détaillés dans le guide à qui confier son référencement. Le suivi qui vient après relève de la mesure des positions dans la durée.
Rouge Hexagone fournit des collaborateurs dédiés dont l’audit constitue généralement la première mission. Voir comment se déroule une mission de référencement.