Ce que doit contenir une charte graphique

Une charte graphique n’est pas un document de présentation. C’est un mode d’emploi, destiné à des gens qui n’ont pas participé à sa création et qui doivent produire sans se tromper, à commencer par le designer graphique chargé de vos déclinaisons.

Ce critère suffit à juger la plupart des chartes : une personne extérieure peut-elle créer un support correct en la lisant, sans poser de question ?

À retenir

Une charte utilisable contient le logo et ses règles, les couleurs avec leurs codes précis, les typographies avec leurs licences, les principes de composition, et des exemples de ce qu’il ne faut pas faire. Ces derniers sont les plus utiles et les plus souvent absents.

Le logo et ses règles

C’est la section la plus consultée, et souvent la moins complète.

Elle doit fournir les versions : couleur, monochrome, blanc pour fond sombre, et une version simplifiée pour les petites tailles. Chacune dans un format vectoriel, plus une exportation en image pour les usages courants.

Elle doit fixer la zone de protection, c’est-à-dire l’espace vide minimal autour du logo, et la taille minimale d’affichage. Sans ces deux règles, le logo finit collé à un bord ou illisible sur un avatar.

Elle doit enfin montrer les usages interdits : logo déformé, recoloré, sur un fond qui le rend illisible, avec une ombre ajoutée. Ces exemples paraissent évidents. Ils sont exactement ce que font les gens quand rien ne l’interdit explicitement.

Les couleurs

Une couleur ne s’exprime pas de la même façon selon le support, et une charte qui donne un seul code produit des écarts visibles.

Il faut les valeurs pour l’écran, les valeurs pour l’impression, et une référence pour les cas où la couleur doit être reproduite fidèlement sur un support particulier.

La charte doit aussi hiérarchiser : quelle est la couleur principale, quelles sont les secondaires, dans quelles proportions les utiliser. Une palette de huit couleurs sans hiérarchie produit huit identités.

Ajoutez les combinaisons autorisées et celles qui ne le sont pas, notamment pour des raisons de lisibilité. Un texte clair sur fond clair passe la validation esthétique et échoue à l’usage.

Les typographies

Trois informations, et la troisième est presque toujours oubliée.

Quelles polices, et pour quel usage : titres, textes, éléments d’interface.

Quelles graisses et quelles tailles, avec une échelle cohérente plutôt que des valeurs au cas par cas.

Quelles licences. C’est le point critique. Une police achetée pour un usage bureautique n’est pas nécessairement autorisée sur un site web ou dans une application. Une police téléchargée gratuitement n’est pas toujours utilisable commercialement. La charte doit nommer la licence et son périmètre, faute de quoi vous transmettez un risque à toutes les personnes qui l’appliqueront.

Les principes de composition

C’est ce qui distingue une charte d’un catalogue d’éléments.

Comment les éléments se placent les uns par rapport aux autres. Quelle grille, quelles marges, quel rythme. Comment un titre, une image et un bloc de texte cohabitent.

Sans ces principes, deux personnes utilisant les mêmes couleurs et la même police produiront deux supports qui ne se ressemblent pas.

Ajoutez le traitement de l’image : cadrage, filtre éventuel, style photographique, traitement des illustrations. C’est souvent ce qui identifie une marque plus sûrement que son logo.

Les gabarits, ce qui rend la charte opérationnelle

Une charte sans gabarits reste théorique.

Prévoyez au minimum : une présentation, un document commercial, les formats sociaux courants, une signature de courriel, et le format d’en-tête que vous utilisez le plus.

Ces gabarits doivent être fournis dans un format que vos équipes savent ouvrir. Un gabarit dans un logiciel professionnel que personne ne possède en interne ne sert à rien : prévoyez une version dans l’outil réellement utilisé.

Prévoyez enfin de verrouiller dans ces fichiers ce qui ne doit pas bouger, logo, couleurs et polices comprises. C’est le geste qui évite qu’une charte correcte se déforme au fil des productions : des gabarits verrouillés pour éviter les écarts.

Comment juger une charte reçue

Quatre tests rapides.

Le test de l’extérieur. Donnez-la à quelqu’un qui n’a pas participé au projet et demandez-lui de créer un support simple. Ce qu’il demande est ce qui manque.

Le test des interdits. Cherchez les exemples de ce qu’il ne faut pas faire. S’il n’y en a aucun, la charte est incomplète.

Le test des licences. Les polices sont-elles nommées avec leur licence ? Sinon, exigez-le.

Le test des fichiers. Tout ce qui est montré est-il fourni, en source ? Une charte magnifique sans fichiers exploitables est une plaquette.

Questions fréquentes

Quelle longueur pour une charte ? Peu importe. Une charte de douze pages utilisable vaut mieux qu’un document de quatre-vingts pages que personne n’ouvre.

Faut-il une charte quand on est une petite structure ? Dès que plus d’une personne produit des supports, oui. C’est précisément le moment où les écarts commencent.

Une charte suffit-elle pour un site web ou une application ? Souvent non. Un produit numérique demande un niveau de détail que la charte ne couvre pas. Ce sujet relève du design system.

Qui met à jour la charte ? Quelqu’un doit en être responsable, sinon elle se périme silencieusement. Une revue annuelle suffit dans la plupart des cas.

Pour aller plus loin

La distinction avec le design system est traitée dans le design system, à quoi il sert et quand. Les licences de polices sont détaillées dans licences de polices et banques d’images.

Rouge Hexagone fournit des profils dédiés qui appliquent et déclinent une charte existante. Voir notre offre design graphique.

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