Combien coûte un community manager externalisé

Les propositions varient énormément, et la comparaison est rendue difficile par une habitude du métier : facturer au nombre de publications.

C’est l’unité la moins pertinente qui soit, parce qu’une publication peut demander dix minutes ou une journée.

À retenir

Trois modèles coexistent : le forfait au volume de publications, le forfait horaire, et le collaborateur dédié. Le premier est le plus répandu et le plus trompeur. Le poste systématiquement oublié dans les devis est la production visuelle, qui représente souvent l’essentiel du temps réel.

Les trois modèles de facturation

Le forfait au nombre de publications. Douze publications par mois pour un montant donné. Lisible en apparence, il ne dit rien du travail réel : une publication reprise d’un article existant n’a rien à voir avec une infographie originale ou une vidéo courte.

Le forfait horaire ou en jours. Vous achetez du temps, réparti selon vos priorités. C’est le modèle le plus honnête et le plus rare, parce qu’il rend le prestataire comparable.

Le collaborateur dédié externalisé. Un profil à temps plein, facturé au mois comme un poste. Il devient pertinent quand le volume le justifie, ou quand le même profil peut couvrir plusieurs tâches : animation, production visuelle, veille et traitement des commentaires et des messages.

Le poste qu’on oublie toujours : la production visuelle

C’est la principale source d’écart entre le devis et la réalité.

Un visuel de qualité demande du temps : conception, réalisation, déclinaisons par format, adaptation à chaque réseau. Une vidéo courte en demande beaucoup plus.

Beaucoup de forfaits community management supposent implicitement que vous fournissez les visuels, ou qu’ils seront produits à partir de gabarits standards. Cette hypothèse n’est presque jamais écrite, et elle explique la déception au bout de deux mois.

Faites préciser trois choses : qui produit les visuels, à partir de quoi, et combien sont inclus.

Ce qui fait varier le prix

Le nombre de réseaux. Chaque plateforme a ses formats, ses codes et ses horaires. Publier sur trois réseaux n’est pas trois fois le travail d’un seul, mais ce n’est pas le même non plus.

La fréquence. Publier deux fois par semaine ou tous les jours change la charge de production, et surtout la charge de conception : il faut trouver quoi dire.

La modération. Traiter les commentaires et les messages est un travail continu, souvent facturé à part ou tout simplement absent du forfait. Sur un compte actif, c’est un poste à part entière.

La production de contenu original. Reprendre et adapter des contenus existants coûte peu. Créer, interviewer, filmer, écrire du neuf coûte beaucoup plus.

Le reporting. Un point mensuel écrit demande du temps. Un tableau de bord automatisé n’en demande pas, et ne dit pas grand-chose.

Comparer trois devis correctement

Ramenez tout à une unité commune : le temps.

Demandez à chaque prestataire combien d’heures par mois son forfait recouvre, et comment elles se répartissent entre conception, production, publication, modération et reporting.

Cette question produit deux effets. Elle rend les propositions comparables, et elle écarte immédiatement ceux qui ne veulent pas y répondre.

Demandez également des exemples de publications réellement produites pour d’autres clients, pas un portfolio de créations promotionnelles. Ce que vous verrez est ce que vous obtiendrez.

Ce que ça coûte en interne

Pour comparer honnêtement, il faut compter au-delà du salaire.

Un community manager interne représente son salaire, ses charges, les outils de programmation et de veille, les banques d’images ou de vidéos, et éventuellement les licences de création graphique. S’y ajoute le temps de quelqu’un pour valider les publications.

En contrepartie, il connaît l’entreprise, capte l’information en interne, et peut réagir en quelques minutes. Sur une marque dont l’actualité bouge beaucoup, cette réactivité vaut cher.

Le détail de cet arbitrage fait l’objet d’un guide dédié : arbitrer entre un poste interne et un prestataire.

Le budget publicitaire, séparé

Les social ads se budgètent à part, comme en publicité de recherche. Deux lignes distinctes : le travail de conception et de pilotage d’un côté, la dépense versée aux plateformes de l’autre. Ce pilotage relève d’une compétence distincte de l’animation éditoriale, tenue le plus souvent par un profil spécialisé en publicité sociale.

Un prestataire qui prend une commission sur la dépense publicitaire doit le dire. C’est un modèle courant qui n’est pas illégitime, mais il crée un intérêt à augmenter le budget qu’il faut connaître.

FAQ

Questions fréquentes

Un forfait à quelques centaines d’euros par mois, c’est possible ?

Oui, à condition de savoir ce qu’il recouvre : généralement quelques publications adaptées de contenus existants, sans production visuelle originale ni modération. Ce n’est pas un mauvais format, il faut simplement ne pas en attendre autre chose.

Faut-il payer les outils en plus ?

Chez un prestataire, ils sont généralement inclus. En interne, ils s’ajoutent au budget et représentent un montant récurrent non négligeable.

Le prestataire doit-il avoir accès à mes comptes ?

Oui, par un accès délégué, à condition que les pages soient rattachées à votre propre compte professionnel et non à celui du prestataire : c’est ce rattachement qui vous permet de lui retirer l’accès quand vous voulez. Ne communiquez jamais vos identifiants personnels.

Combien de publications par mois faut-il ?

La régularité compte davantage que le volume. Trois publications par semaine tenues pendant un an valent mieux qu’un mois intensif suivi de silence.

Pour aller plus loin

L’arbitrage entre interne et externalisé est détaillé dans le guide de comparaison des deux modèles. La délégation de la publicité sociale relève de social ads externalisées.

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