Un consultant SEO qui ouvre un compte pour la première fois ne cherche pas des erreurs. Il cherche à savoir si le site attire autre chose que les gens qui connaissent déjà le nom de l’entreprise.
La réponse tient en une demi-heure. Elle oriente tout ce qui vient ensuite : le contenu de l’audit, l’ordre des corrections, et parfois la conclusion qu’il n’y a pas de mission à vendre.
À retenir
Les trente premières minutes servent à formuler une hypothèse, pas à produire un diagnostic. L’ordre est toujours le même : ce que vend l’entreprise, ce que Google voit du site, ce que la marque apporte de clics, quelles pages travaillent réellement. À la fin, on n’a pas un plan d’action. On a cinq questions à poser, et une idée assez nette de l’endroit où le site perd.
Pourquoi l’ordre compte plus que la liste
Tout le monde sait énumérer ce qu’il faut vérifier sur un site. La compétence ne tient pas à la liste, elle tient à la séquence.
Chaque étape conditionne la lecture de la suivante. Un consultant qui commence par lancer un crawl technique passe deux heures sur des balises manquantes, alors que le vrai problème est peut-être que le site n’a jamais visé un seul mot que ses acheteurs tapent. L’inverse ne se produit pas : quand on a compris le marché avant d’ouvrir les outils, les remontées techniques se hiérarchisent d’elles-mêmes.
Il y a une seconde raison, moins avouée. Le premier outil ouvert impose son cadre. Celui qui démarre par un compteur de mots-clés voit un problème de mots-clés. Celui qui démarre par un audit de vitesse voit un problème de vitesse. Ouvrir le site lui-même, sans instrument, est le seul moyen de ne pas hériter du point de vue d’un logiciel.
Minute 1 à 5 : ce que l’entreprise vend, avant tout outil
On ouvre la page d’accueil, puis celle qui porte le prix ou le devis, puis la page contact. Rien d’autre. Cinq minutes de lecture, comme un acheteur pressé.
Pendant cette lecture, on note les mots que l’entreprise emploie. Ensuite, on note de mémoire ceux qu’un acheteur taperait pour trouver ce service. L’écart entre les deux listes est très souvent le sujet central de la mission. Une entreprise parle de son procédé, son client cherche son problème.
On regarde aussi le menu. Si l’offre comporte douze prestations et que le site en décrit trois, le site vend moins que l’entreprise. Ce déséquilibre se voit en une minute et se corrige en plusieurs mois, ce qui vaut la peine d’être su tout de suite.
Dernier point de cette phase : à qui l’entreprise vend, et où. Une société qui livre partout en France et un artisan qui intervient sur deux départements ne se travaillent pas de la même façon. La dimension locale change la nature du travail, pas seulement son volume.
Minute 5 à 12 : ce que Google voit du site
Vient la vérification de ce qui est réellement accessible. Quatre gestes, dans cet ordre.
Le sitemap d’abord. On l’ouvre et on compte. Le nombre d’URL déclarées correspond-il à ce que l’on vient de voir dans le menu ? Y trouve-t-on des pages d’étiquettes, des archives d’auteur, des pages de pagination, des fichiers joints ? Un écart marqué entre ce que le fichier déclare et ce que l’entreprise décrit comme ses pages de vente n’est pas un défaut en soi : un catalogue ou un média en déclare légitimement bien davantage. C’est une question à poser tôt, à qui a établi ce fichier et selon quelle règle.
Le fichier robots.txt ensuite. On y cherche les restes : une règle de blocage héritée d’un site de préproduction, un dossier interdit qui contient les feuilles de style, une ligne ajoutée un jour par précaution et jamais retirée.
Le code source d’une page de service, en troisième. On copie une phrase visible à l’écran et on la cherche dans la source. Si elle n’y est pas, le texte est produit par le navigateur à partir du JavaScript. Google documente qu’il rend les pages et exécute le JavaScript avant de les indexer, tout en indiquant que ce rendu passe par une file d’attente et que tous les robots n’en sont pas capables. Le constat ne condamne donc pas la page : il ajoute une variable à vérifier.
Enfin, l’inspection d’une URL importante dans Search Console. On compare l’adresse canonique déclarée par le site et celle que Google a retenue. L’aide de l’inspection d’URL indique que Google peut retenir la canonique déclarée comme en choisir une autre qu’il juge meilleure. Quand les deux diffèrent, on tient donc une question à instruire, souvent l’une des plus utiles de la demi-heure : duplication réelle, variante d’affichage, ou état d’index non rafraîchi depuis un changement. Au passage, on tape l’adresse du site en http, puis avec et sans www, pour voir où chaque variante aboutit. Google présente la redirection permanente comme le signal de canonicalisation le plus fort, tout en documentant d’autres méthodes et en précisant qu’aucune n’est requise. Savoir laquelle le site emploie, ou s’il n’en emploie aucune, suffit à ce stade.
Minute 12 à 22 : séparer la marque du reste
C’est la manipulation la plus instructive du métier, et elle prend trente secondes.
Dans Search Console, on étend la période à la profondeur maximale que l’outil propose, puis on applique un filtre de requêtes qui exclut le nom de la marque. La courbe se réduit. Parfois de moitié, parfois beaucoup plus.
Ce qui reste, c’est l’acquisition réelle. Le reste, ce sont des gens qui connaissaient déjà l’entreprise et qui sont passés par un moteur de recherche pour la retrouver. Un site qui vit de sa marque ne se trouve pas, il se retrouve. Ce n’est pas un échec, beaucoup d’entreprises fonctionnent ainsi pendant des années grâce au bouche-à-oreille et à la publicité. Mais le diagnostic n’est plus le même : il n’y a rien à optimiser, il y a quelque chose à construire.
On enchaîne avec une comparaison de périodes, en cherchant une chose précise : une date de rupture. La forme de la baisse oriente les hypothèses, elle ne les tranche pas. Un décrochage sur une ou deux journées appelle la recherche d’un événement daté, côté site comme côté moteur : la documentation Google sur les chutes de trafic cite aussi bien une mise à jour algorithmique qu’un problème de sécurité, un blocage technique ou une migration. Une érosion étalée sur plusieurs mois oriente plutôt vers le contenu et la concurrence, sans les désigner. Dans les deux cas, la date se cherche avant l’explication qu’on serait tenté de lui prêter.
Quand une date de rupture apparaît, la question suivante est toujours : que s’est-il passé ce jour-là ? Personne ne s’en souvient, en général. La réponse se trouve dans le fichier de redirections du serveur ou dans l’historique du CMS, et elle vaut souvent plusieurs semaines de travail évitées.
Minute 22 à 30 : les pages qui travaillent, celles qui dorment
On passe à l’onglet des pages, trié par clics. Le résultat surprend rarement le consultant et souvent le dirigeant.
Une poignée d’adresses concentre l’essentiel du trafic. Les pages de service, celles qui ont coûté cher à écrire et à faire valider, n’y figurent pas. Ce qui rapporte est fréquemment un article publié il y a longtemps, sur un sujet périphérique, parfois hors de l’offre commerciale.
On regarde ensuite les requêtes situées entre la huitième et la vingtième position, avec des impressions réelles. Ce sont les mouvements les plus proches. Pas les plus gros volumes : les plus proches. Sur ces requêtes, une page existe déjà et elle s’affiche : le travail porte sur un texte à reprendre, pas sur une page à créer. Ce que coûtera le gain dépend ensuite de qui occupe les premières places et de ce que la requête attend comme réponse.
Un dernier contrôle : on prend une requête qui compte, on la filtre, et on regarde quelles pages se positionnent dessus. Si deux adresses alternent d’une semaine à l’autre, la concurrence entre elles est la première hypothèse à instruire, sans être la seule : le rapport agrège des positions relevées sur plusieurs appareils et plusieurs localisations, et le moteur peut aussi réévaluer laquelle des deux répond le mieux. Quand c’est bien de cela qu’il s’agit, l’origine se ressemble d’un site à l’autre : deux textes écrits à deux ans d’écart, par deux personnes différentes, sans que personne n’ait relu l’existant.
Ce qu’on ne regarde pas encore, et pourquoi
Ni les temps de chargement, ni les attributs alternatifs des images, ni le nombre de mots par page, ni les indicateurs de popularité affichés par les outils du marché.
Ces sujets comptent, et ils seront traités. Mais aucun ne changera l’ordre des priorités dans la première demi-heure. Un site peut franchir tous les seuils techniques et rester introuvable, simplement parce qu’aucune page n’a jamais été écrite pour les mots que ses acheteurs tapent.
La séquence tient en trois questions, dans cet ordre : le site a-t-il une demande à capter, Google la voit-il, et ce qu’il voit convertit-il ? Le temps de chargement se traite après, avec le développeur.
Une exception : quand le contenu est absent de la source ou qu’une règle de blocage coupe l’accès, la technique passe devant tout le reste. Rien ne peut se mesurer tant que rien n’est visible.
Les constats qui reviennent presque à chaque fois
Ils se répètent d’un site à l’autre avec une régularité qui finit par ne plus étonner.
Les accès manquent. Search Console appartient encore au prestataire qui a construit le site, parfois à un salarié parti depuis longtemps, et personne ne sait qui peut les restituer. C’est le seul point de cette liste qui bloque un démarrage, et il se règle en jours, pas en minutes.
La marque fait l’essentiel des clics, et l’entreprise l’ignore parce que la courbe globale, elle, paraît correcte.
Les pages qui rapportent ne sont pas celles qui ont été payées. Ce décalage est structurant : il indique où le site a de la crédibilité aux yeux du moteur, donc par où repartir.
Une refonte a laissé des traces. Anciennes adresses en erreur, chaînes de redirections qui s’enchaînent trois fois, images qui pointent encore vers l’ancien domaine, plan de site qui déclare des pages supprimées.
Deux pages du même site se positionnent tour à tour sur la même requête, et celle que le moteur affiche n’est pas celle qui a été écrite pour vendre.
Le contenu répond à la question de l’entreprise plutôt qu’à celle du visiteur. La page « nos valeurs » est soignée, celle qui répondrait à « combien ça coûte » n’existe pas.
Aucun de ces constats ne demande un outil payant. Ils demandent qu’on regarde dans le bon ordre.
Ce qui sort de ces trente minutes
Pas un plan. Des questions, et elles se posent au client avant d’écrire quoi que ce soit.
- Que s’est-il passé à la date où la courbe décroche ?
- Qui détient les accès aujourd’hui, et depuis quand ?
- Le site a-t-il déjà été refondu, et sous quelles adresses ?
- Existe-t-il un autre domaine de l’entreprise encore en ligne ?
- Ces trois pages ont-elles été écrites pour répondre à un client en particulier ?
À ces questions s’ajoute une hypothèse : l’endroit où le site perd. Elle est provisoire et elle se vérifie dans les jours qui suivent, mais elle donne une direction. Un audit conduit sans hypothèse de départ produit un document exhaustif et sans hiérarchie, que personne n’exploitera.
Ce que change un consultant qui ne suit qu’un seul compte
La demi-heure décrite ici est la même partout. Ce qui diffère, c’est ce qui se passe après.
Un consultant qui gère plusieurs dizaines de comptes refait cette séquence souvent et n’y revient qu’aux points mensuels. Il redécouvre le site à chaque rendez-vous. Un collaborateur dédié la fait une fois, puis ouvre le même compte chaque matin pendant des mois. Au bout de quelques semaines, il distingue une variation saisonnière d’une anomalie, il se souvient de ce qui a été tenté et de ce que ça a donné, et il repère un décrochage le jour où il commence, pas au bilan du mois suivant.
C’est le modèle de Rouge Hexagone : un collaborateur dédié à un seul client, jamais partagé, encadré dans nos locaux à Antananarivo. Nos équipes parlent parfaitement français, et votre chef de projet français reste votre interlocuteur unique.
Le poste revient à 1 680 € par mois tout inclus, contre un coût employeur d’environ 4 485 € en France pour un profil équivalent, soit 62,5 % d’écart. Le collaborateur est opérationnel en 10 jours. Le premier mois est satisfait ou 0 €, une garantie jamais activée en dix ans d’activité, et vous conservez la liberté de partir à tout moment.
Deux précisions qui comptent sur ce métier en particulier. Rouge Hexagone ne prend aucune commission sur vos budgets publicitaires. Et tout ce qui est produit l’est pour votre compte : audits, tableaux de suivi, contenus, les sources et les droits vous reviennent. Rouge Hexagone accompagne des entreprises depuis plus de dix ans, avec plus de 130 employés, et compte parmi ses références Foncia, E.Leclerc et le Groupe Atlantic.
Externaliser le suivi SEO pour ne pas repartir de zéro chaque mois
Les trente premières minutes permettent de poser un diagnostic initial, mais la valeur se crée surtout dans ce qui suit : surveiller les mêmes pages, comparer les périodes, repérer les décrochages et garder la mémoire des optimisations déjà réalisées. Externaliser le SEO avec un collaborateur dédié permet d’assurer cette continuité sans recruter un poste supplémentaire en interne. La même personne suit votre compte au quotidien, connaît l’historique du site et peut détecter une anomalie au moment où elle apparaît plutôt qu’au prochain bilan mensuel.
Chez Rouge Hexagone, le collaborateur travaille pour un seul client, avec un encadrement à Antananarivo et un chef de projet français comme interlocuteur unique. Audits, tableaux de suivi, contenus, sources et droits produits dans le cadre de la mission restent votre propriété.
Questions fréquentes
Pour aller plus loin
Le métier, ses missions et son fonctionnement en collaborateur dédié sont détaillés sur la fiche consultant SEO.
Ce que produit l’étape suivante, ce qu’un audit doit contenir et comment le juger : reconnaître un rapport exploitable.
Vous voulez savoir ce que ces trente minutes donneraient sur votre site ? Parlons-en.



